Le papillon et l'artiste- Hommage au poète français Alfred de Musset

 

Le papillon




Artiste, prends ton pinceau ; ta vertu est inébriante

Elle Coule de tes mains comme les fontaines de grâce

On dirait que tes toiles, comme le vin, elles fermentent...

Quand tu les admires, comme une brise, elles t’embrassent

Ô capricieux talent ! Qu’as-tu appris de mes survols ?

Depuis que mes ailes se sont rendues à tes mains

Inventeuses de charme et ce n’est pas drôle !

Les yeux en pleurs, je tombai dans tes bras

Ahi, depuis lors ! je sentais ta peine…

Mais bien têtu encor, tu rêvais comme un conte…

Dont les amours ont choisi d’autres seines

Caresse-moi, à présent, j’ai envie de tendresse

Que j'ai besoin de tes mains pour rester en liesse

 

 

L’artiste

 

Si seulement on comprenait ton langage ma chère !

O mon bien aimée papillon ! Moi qui t’interprète

Comme les écumes des vagues qui se réverbèrent

Au fond, le mouvant, n’est-il pas un grand poète ?

La verve est cette écume et je l’aperçois dans tes ailes

Amoureux comme moi d’un monde imaginaire

Qui dans mon breuil ne trouve aucune trace de selle

Oui, te voilà devant moi et c’est extraordinaire…

Je sens en toi, à présent, cet amour qui m’appelle

Comme un rêveur au bord de la mer

 

 

 

Le Papillon

 

Artiste, prends tes couleurs ; c'est moi ta toile

Tes doigts volent sur mes ailes comme tes yeux

Et plus tu esquisses, plus tu sens cette fringale

Pour m’embellir, comme ses anges, le bon dieu

Voles très haut pour faire de moi un papillon spécial

Là où le breuil a une fenêtre sur les cieux ;

Et je me poserai d’une étoile à l’autre

Comme une illusion de plaisir, un semblant de bonheur.

Avec les ailes, les doigts et le cœur

Où le profond azur ne peut jamais devenir sombre

Commenti