J'Accuse du 28/08/2026 Ceuta et le Donquichottisme à l'envers. La nécessité d'une Liberation inevitable

J'Accuse du 28/08/2026  Ceuta et le Donquichottisme à l'envers


La pensée d'Herbert Marcuse résonne aujourd'hui avec une force prophétique face à notre crise systémique (éthique, politique, sociale et industrielle). Son analyse de "l'homme unidimensionnel" montre comment l'appareil techno-industriel aliène l'être humain, transformant la consommation en un outil de domination globale.
Cette logique de profit et de domination reifie également les relations géopolitiques avec notre voisinage :
  • Afrique du Nord : Réduite à un réservoir de ressources et à une barrière migratoire.
  • Moyen-Orient : Sacrifié aux intérêts de l'industrie de l'armement et de l'énergie.
  • Russie : Enlisée dans une logique de blocs militaires qui étouffe tout dialogue.
Pour briser ce système d'oppression, Marcuse prône une "nouvelle sensibilité". Cette révolution qualitative des besoins humains oppose le "Grand Refus" à la guerre et à l'exploitation. Libérer l'homme exige aujourd'hui de cultiver cette sensibilité esthétique et biologique pour transformer les rivalités géopolitiques en espaces de coexistence pacifique.


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L'histoire et la politique contemporaine s'entremêlent souvent dans des nœuds complexes, où la réalité dépasse la fiction littéraire. Le cas de Ceuta, enclave espagnole en territoire marocain, offre une clé de lecture singulière qui renverse l'un des mythes les plus célèbres de la culture hispanique : celui de Don Quichotte. Si le célèbre noble de la Manche luttait contre des moulins à vent en les prenant pour des géants, nous assistons aujourd'hui à Ceuta a un "donquichottisme à l'envers". Ici, les institutions et les forces de sécurité espagnoles se dressent comme des géants d'acier et de bureaucratie face à ce que leur propre narration perçoit comme une menace existentielle, mais qui n'est en réalité qu'un flux de personnes désarmées, poussées par le désespoir.
Ce donquichottisme inversé se manifeste dans la disproportion flagrante entre les moyens déployés et la nature de la crise. Les barrières fortifiées, les technologies de surveillance avancées et le déploiement militaire aux frontières de Ceuta sont présentés à l'opinion publique comme un rempart de la civilisation occidentale face à une "invasion". C'est la mise en scène d'une bataille épique contre des moulins à vent modernes. Sauf qu'ici, les moulins ne sont pas des structures inanimées, mais des êtres humains. La rhétorique sécuritaire transforme la vulnérabilité en hostilité, construisant un ennemi imaginaire pour justifier l'usage d'une force disproportionnée et préserver une illusion de souveraineté anachronique.
Cependant, les dynamiques récentes démontrent que la Couronne d'Espagne, et encore moins le drapeau espagnol ou celui de l'OTAN, ne sauront intimider ceux que la presse et les partis racistes de la péninsule ont définis comme de "misérables maures". Au-delà de la satire donquichottesque, le problème s'avère bien plus grave et profond.
Il s'agit d'abord d'un problème éminemment politique. À travers le maintien et l'occupation de ces enclaves, l'objectif est d'imposer une domination injuste au Maroc. Cette question est habilement instrumentalisée pour tenter de diviser les frères ennemis d'Afrique du Nord, une stratégie de division qui sert grandement les intérêts des Espagnols, des Français et des Italiens.
Mais le problème est également culturel et de civilisation. L'Occident cherche, à travers ses valeurs culturelles — fruit empoisonné d'un développement capitaliste, industriel et culturel malsain —, à influencer ceux qu'il considère, à tort ou à raison, comme non conformes à ses standards. Ce faisant, il crée de profondes lacérations et d'immenses déséquilibres qui demeurent, à ce jour, incommensurables.
En ces temps sombres où la cruauté est devenue la monnaie courante des démocraties occidentales, la nécessité d'une libération radicale s'impose comme un impératif absolu face à la barbarie contemporaine. La libération exige un refus total de tolérer l'intolérable et de rejeter l'acceptation du bien-être au prix de la misère d'autrui.

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